Dès l’origine, le développement d’Hydro s’est fondé sur trois caractéristiques : un esprit entrepreneurial, une passion pour l’innovation et la création d’un système de valeurs. Ces principes on crée l’entreprise qu’est Hydro aujourd’hui.
1903 - Les débuts
Fournisseur de nourriture à une population en croissance
Jeune étudiant d'ingénierie en Allemagne, Eyde a été inspiré de ses visites dans la patrie de Werner von Siemens, l'inventeur de la dynamo. Déterminé comme visionnaire, il a voit le potentiel qu’il y avait dans l’énergie hydro-électrique norvégienne. L'Aluminium lui apparait comme un produit évident à développer « une matière passionnante pour l'avenir ». La difficulté est de trouver une façon de transporter de grandes quantités de matière première depuis la côte jusqu’au versant d'une montagne norvégienne sans chemin praticable ; le transport d'énergie dans la direction opposée paraissant tout autant impossible.
La réponse à ces difficultés est d’oublier le nouveau matériau afin de se concentrer sur le problème le plus urgent du moment : fournir suffisamment de nourriture à une population en pleine croissance. Ainsi commence l’aventure. En partenariat avec le chercheur Kristian Birkeland, Eyde l’entrepreuneur crée une méthode d’utilisation de l'électricité capturant l'azote de l'atmosphère. La première production industrielle réussie de l'histoire des engrais est lancée et ironiquement la croissance démographique se voit stimulée. Un système d'agriculture intensif adéquat doit encore être créé. Et de fait, utilisant le potentiel énorme de la Norvège au niveau de l'énergie hydro-électrique, des engrais industriels à base d'azote peuvent être et sont créés relativement facilement et à un coût raisonnable.
L'engrais sera de fait le produit le plus important d'Hydro pendant 75 ans.
1905 - Géant industriel
Norsk Hydro est fondée par Sam Eyde et Kristian Birkeland, avec l’assistance de l'industriel et banquier suédois Marcus Wallenberg qui devient le premier président du conseil d’administration, une position qu'il tiendra durant 37 années. Le capital de la nouvelle entreprise est essentiellement français et dans une moindre mesure suédois et norvégien.
Hydro devient rapidement l’un des premiers géants industriels de la Norvège. Cette dernière vient de gagner sa souveraineté ; elle demeure néanmoins l’un des pays les plus pauvres d’Europe.
Dans les premières années, les activités industrielles et la production énergétique d'Hydro furent concentrées dans le département du Telemark. Mais de nouveaux défis arrivent avec la Première Guerre mondiale, des barrières commerciales et des marchés affaiblis.
1929 - Phase de transition
Hydro change son procédé de fabrication d’engrais et fait appel au procédé Haber-Bosch. La conversion de l’usine de Rjukan et la construction d’une nouvelle usine de fertilisant à Herøya sont menées à bien juste avant que le monde ne soit frappé par la dépression économique des années 1930. Le nouveau procédé, très compétitif, permet à la société de traverser la dépression en douceur, sans réduction sévère des volumes produits.
Challenges durant la guerre
La Seconde guerre mondiale apporte de nouveaux défis à Hydro. La Norvège est occupée par l'Allemagne et de nombreuses installations Hydro sont endommagées par des attaques Alliées ; la plus célèbre d’entre elles est la mission de sabotage de Telemark en 1943.
Cependant, la direction d'Hydro n’abandonne jamais complètement l'idée d'aluminium. Plusieurs tentatives voient le jour pendant la période d'entre deux guerres. Mais, ce n'est qu’au cours de la Seconde guerre mondiale que l’une d’entre elles semble réussir, avec une expansion majeure financée par les forces occupantes allemandes. Les usines de métaux légers d’Herøya sont bombardées par les Alliés en 1944, juste avant que la production ne soit lancée. La collaboration avec Hermann Göring et les forces occupantes allemandes sont le chapitre le plus sombre de l'histoire d'Hydro.
Croissance de l'après-guerre
Après la guerre, Hydro est à nouveau libre et met en place un programme de reconstruction agressif. La société se développe au sein d’un conglomérat industriel moderne d'après-guerre, avec de nouvelles activités dans le plastique, le pétrole et les métaux légers.
1960
Diversification basée sur l’énergie
Au début des années 1960 les activités de production d'engrais font face à une concurrence inattendue d’acteurs produisant un engrais minéral issu du pétrole et du gaz. En 1963 la direction d’Hydro répond à ce nouveau développement en prenant trois décisions stratégiquement importantes : passer du processus de production d'engrais électrochimique à un processus pétrochimique, construire une usine de production d'aluminium à Karmøy* et entrer en collaboration avec cinq sociétés françaises afin de rechercher du pétrole en Mer du Nord.
Ces mesures représentent la base de forte croissance d’Hydro dans plusieurs directions pour les 40 années à suivre.
* Inaugurée en juin 1968, Alnor Aluminium Norway A/S est le premier producteur d’aluminium intégré d’Europe. Au moyen d’une seule presse, l’usine réalise des profilés standards, principalement de grandes sections destinées aux marchés des transports scandinaves et britanniques. Elle est la propriété à 49% de Harvey Aluminium et à 51% de Norsk Hydro jusqu’en 1973, date à laquelle Hydro acquiert la totalité des parts.
Les années 1970
Hydro commence à s'étendre internationalement.
Au pays de Galle Hydro voit le jour en 1971 à Bedwas.
En 1972, des usines sont crées en Autriche, en Allemagne et en Suède ; suivent la Belgique et la France* en 1974 et le Danemark en 1975 et les Etats-Unis.
*En mars 1974, Hydro Aluminium Alunord S.A. voit le jour à Louviers avec une presse P16 et un équipement auxiliaire minimum. La petite unité d'extrusion survivra à la première crise pétrolière et deviendra une entreprise très rentable, modèle de productivité pour le groupe. C'est Philippe de Montalivet, ancien responsable des ventes chez Alcan pour la France et l'Amérique du Nord, qui est placé à la tête de l'entreprise ; il y restera pendant plus de 20 ans.
Les années 1980
Pleine concentration sur l’aluminium
En 1986, Hydro signe un accord d’achat de la plupart des sites européens d’extrusion d’Alcan : « cinq usines en Belgique, France, Allemagne et Italie ». Quelques mois plus tard, Hydro fusionne avec Årdal og Sunndal Verk (ÅSV) et hérite de 70% des parts de la nouvelle société « Hydro Aluminium a.s. ».
Ces transactions permettent à Hydro de réaliser de considérables avancées dans la production de métal primaire et dans le filage.
Développement en France
Financièrement parlant, l'année 1985 est excellente pour la société mère Norsk Hydro. En fait, c'est la troisième année consécutive que le groupe bat des records en rendement sur le capital investit. C'est également l'année où l'usine de filage à deux presses de Châteauroux crée par Alcoa est rachetée par Norsk Hydro est devient Hydro Aluminium Châteauroux s.n.c. Le nouveau fabricant apporte des améliorations importantes à l'usine qui offre désormais une palette d'activités complète : l'extrusion de profilés, l'anodisation, le laquage et l'assemblage.
Une année s'écoule et les usines Alcan de Lucé et de Pinon - gérées comme une entreprise unique - sont à leur tour reprises. L'usine de Lucé, près de Chartres, qui a 27 ans, est équipée de 3 presses, en plus des départements d'anodisation, de filières de refonte et d'informatique. Pinon, au Nord de Paris fonctionne avec 2 presses et une installation d'anodisation. Plus tard, une ligne de laquage sera ajoutée. Cette année là, les deux usines produisent ensemble 22 000 tonnes. Lucé et Pinon représentent le nec plus ultra sur le marché Français, et le redressement observé dans le secteur des profilés au moment des négociations de reprise est tout à l'avantage des 2 sites, qui ne tardent pas à réaliser de plantureux bénéfices. Une fois le processus d'intégration achevé, le groupe scinde ses activités en quatres unités distinctes. Jean-Michel Bouillard est nommé responsable de l'usine de Lucé et Michel Peignier de celle de Pinon. Les deux autres unités sont basées à Lucé, il s'agit de Aluminium Extrusion Service s.n.c. (filières et refonte) et de l'entreprise informatique ITC.
Des années 1990 à aujourd'hui
La direction d'Hydro commence à réduire le périmètre des secteurs d’activité principaux. Cette mission s’achève en 2007 et 2008 lorsqu’une nouvelle marche audacieuse dans le processus de restructuration est franchie. Les activités pétrolières extrêmement rentables sont fusionnées avec Statoil et les activités pétrochimiques vendues à Ineos.
Depuis lors, Hydro est exclusivement concentré sur ses activités de production d'aluminium et devient le plus grand producteur européen grâce à son acquisition de la société allemande Vereinigte Aluminiumwerke (VAW) en 2002.
En 2004, l'engrais et les activités industrielles relatives au gaz s’établirent en sous la société indépendante « Yara International ».
Place à de nouveaux changements de grande envergure pour 2010. La production d’aluminium se met en marche dans le Golfe Persique avec Qatalum, joint venture entre Hydro et Quatar Petroleum qui offre une capacité de production annuelle de 585.000 tonnes.
Le rachat des activités d'aluminium de Vale à Pará au Brésil offre à Hydro l’opportunité de fermer la boucle en 2011. Plus de cent ans après la création de la société, Hydro est devenue une entreprise d'aluminium à part entière, avec des activités d’un bout à l’autre de la chaîne de valeur : " de l'extraction de la bauxite à la production de produits finis ".
Hydro compte désormais 23 000 employés dans plus de 44 pays. L'unité intégrée française, aujourd'hui dirigée par Johan Van Putten, emploi quant à elle plus de 600 personnes sur 3 sites.